par Francesco Canepa et Balazs Koranyi
Les consommateurs de la zone euro ont revu à la hausse de manière significative leurs prévisions d'inflation et les banques ont durci les conditions d'accès au crédit, montrent mardi deux enquêtes de la Banque centrale européenne (BCE), illustrant ainsi les premiers effets de la flambée des coûts énergétiques liée à la guerre au Moyen-Orient.
Les anticipations d'inflation des consommateurs à un an ont bondi à 4% en mars, contre 2,5% le mois précédent, tandis que celles à trois ans ont augmenté à 3%, contre 2,5%, toutes deux bien au-dessus de l'objectif de 2% de la BCE, montre l'une des enquêtes.
Le sondage trimestriel de l'institut monétaire sur les prêts bancaires indique pour sa part que les établissements ont resserré leurs critères d'octroi plus que prévu au cours des trois mois précédant mars et qu'ils s'attendent à ce que cette tendance se poursuive au cours du trimestre en cours.
Ces enquêtes placent les responsables de la BCE dans une position délicate : d'un côté, la hausse des anticipations d'inflation justifierait des hausses des taux d'intérêt et, de l'autre, les conditions de financement se détériorent déjà avant même que la BCE n'intervienne.
La banque centrale de la zone euro devrait maintenir les taux d'intérêt inchangés jeudi, dans l'attente de plus d'informations sur la durée et l'ampleur du choc inflationniste, mais des relèvements des coûts d'emprunt pourraient être envisagés en vue de la réunion de juin.
La BCE pourrait toutefois trouver un certain réconfort dans les anticipations d'inflation des consommateurs pour les cinq prochaines années, qui ne sont passées que de 2,3% à 2,4%.
De plus, les banques contribuent déjà à l'action de la BCE en rendant l'accès au crédit plus difficile, en particulier pour les entreprises, qui subissent le resserrement le plus marqué depuis le troisième trimestre 2023.
"Les risques perçus pesant sur les perspectives économiques et une moindre tolérance au risque de la part des banques ont été les principaux facteurs contributifs, les banques indiquant
... que les développements géopolitiques et énergétiques exerçaient une intensification des pressions", signale la BCE.
"Certaines banques ont fait état d'un resserrement supplémentaire lié à leurs expositions aux entreprises grandes consommatrices d'énergie et au Moyen-Orient", a-t-elle ajouté.
Pour les trois mois à venir jusqu'en juin, les banques s'attendent à "un resserrement net généralisé et plus marqué des conditions de crédit", indique également la BCE.
(Version française Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer